dimanche 20 novembre 2011

La source des femmes

Wouhou ! Un nouveau film de Radu Mihaileanu !!! J'en suis rarement déçu. La source des femmes ne dérogent pas à la règle, même si (!) l'avis reste légèrement plus mitigé.


Ce film n'est ni la comédie dramatique Train de vie, ni le drame Va, vis et devient. On se rend compte très rapidement que le sujet est sérieux, qu'il souhaite être traité sérieusement, tout en laissant la place à la dérision. Car Radu sait qu'on a le droit de rire de tout. Mais à l'inverse du très sérieux Va, vis et devient, La source des femmes laisse un gout bizarre. J'avais en tête qu'avec lui, tout le monde s'en prenait dans la gueule. Radu ne stigmatise jamais vraiment une population. La seule chose qu'il déteste, c'est l'intolérance et nous dire que personne n'est "propre".

Ce n'est pas le sentiment ressentit ici et ça surprend. Dans ce film, les hommes sont montrés du début à la fin. A juste titre ou non, là n'est pas le problème. Mais ça casse de l'image que l'on avait du réalisateur et du coup : sentiment bizarre. Heureusement, après être passé sur les "Anecdotes du tournage" disponible sur Allociné, j'ai pu lire ceci :
Bien que les femmes soient les héroïnes du film, Radu Mihaileanu n'avait pas pour intention de stigmatiser la gente masculine : "Ni Alain-Michel ni moi n'aimons écrire des personnages intégralement positifs ou négatifs. On se dit qu'ils sont tous le produit de plusieurs facteurs et qu'ils ont tous une subjectivité qui peut leur donner raison. Même le frère de Sami n'est pas une brute épaisse : on comprend qu'après avoir souffert d'un tel manque d'amour, il était logique qu'il devienne comme ça. Tout comme le fils du Vieux Fusil est devenu islamiste parce qu'il est victime de conditions économiques épouvantables et de la crainte de "perdre la face", incapable d’envoyer de l’argent à la famille", affirme-t-il.
C'est dommage. On est allé trop loin dans l'interprétation. Aucun des 2 exemples qu'il fournit ne m'a paru présent dans le film, laissant définitivement le sale rôle aux hommes.

Au delà de ça, je continue d'apprécier le style de Radu Mihaileanu. Même si je m'énerve toujours autant face au communautarisme (et je sais que chacun de ses films en racontera), l'humour dont il sait faire preuve sur ces sujets graves me plait.


Pas de mentions spéciales en terme de jeu d'acteursactrices. Mais un plaisir à découvrir le rythme de vie de cette communauté qui parait tellement loin de nous alors que tout se passe maintenant semble-t-il ! A plusieurs reprises, les personnages utilisent le chant et la danse pour pouvoir parler. A mon grand étonnement, ça ne m'a pas dérangé.


Bref, tout de même une bonne séance pour un 3.5 étoiles et une attente (déjà) du prochain !


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